RETOUR EN IMAGES : CÉLÉBRATION DES 30 ANS DE
LA COLLECTION D’ART INUIT ISADORE-ET-ESTHER-FINE
La Bibliothèque Champlain de l’Université de Moncton a récemment souligné le 30ᵉ anniversaire de la collection d’art inuit Isadore-et-Esther-Fine, un précieux legs culturel et artistique. Cette collection permanente, visible à l’entrée de la bibliothèque, met en valeur le savoir-faire inuit à travers plusieurs décennies.
Des temps forts : conférence, visite et réception
La célébration a débuté par une conférence animée par Julie Lynne Drisdelle, chargée de cours en histoire de l’art à l’Université, accompagnée de Tina LeBlanc.
Elles ont toutes les deux partagé des perspectives éclairantes sur l’origine, la portée et le rôle éducatif de la collection dans la communauté universitaire. Après cette présentation, les personnes présentes ont participé à une visite guidée des œuvres, permettant de mieux appréhender la diversité des matériaux (stéatite, os fossile, granit, argent, entre autres) et des artistes représentés. La soirée s’est conclue par une réception chaleureuse, marquée par le discours émouvant de Rosalie Fine, fille d’Isadore et d’Esther Fine. Elle a rendu hommage à ses parents et à leur vision : rendre cette collection accessible gratuitement à toutes et tous, un geste pionnier et généreux.
Un trésor artistique riche et diversifié
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- La collection comprend 242 pièces rassemblées entre 1962 et 1975, une période souvent qualifiée de “classique” dans l’art inuit.
- Elle regroupe plus de 150 artistes, dont des figures majeures comme Kenojuak Ashevak, Pudlo Pudlat, Kananginak ou encore Etungat.
- Les matériaux sont variés : stéatite, pierre, os, granit, bronze, argent, mais aussi des sérigraphies et au moins une pièce tissée.
- Les donateurs, Isadore et Esther Fine, ont imposé que la collection soit entièrement exposée dans un même lieu et qu’elle reste gratuite pour la communauté.
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L’histoire derrière le don
Isadore Fine, entrepreneur à Moncton, s’est découvert une passion pour l’art inuit lors de ses voyages à Montréal pour son magasin. Il s’est lié d’amitié avec Virginia Watt, experte en art inuit, qui l’a conseillé dans ses achats.
« Ce qui m'a vraiment impressionné, c'est le fait que ces inuit, ces canadiens, peuvent prendre un morceau de pierre à l'état brut - et il n'y a rien de beau dans une roche à l'état brut - et de façonner une sculpture qui présente une image, raconte une histoire. C'est si particulier, si rare. C'était impossible de ne pas aimer ces objets. Ce sont ces caractéristiques qui m'ont fait tomber en amour avec ces objets si uniques. » Paroles de M. Fine (traduction de l'anglais)
En 1991, le couple a fait don de cette collection à l’Université de Moncton. Quelques années plus tard, en 1995, la collection a été officiellement inaugurée à la Bibliothèque Champlain. En reconnaissance de cet apport culturel, l’Université a décerné à Isadore et Esther Fine un doctorat honorifique conjoint en 2001.
Pourquoi cette collection est unique
- Portée régionale : c’est l’une des plus belles collections privées d’art inuit dans l’Atlantique canadien.
- Accessibilité : la collection est exposée en permanence et accessible gratuitement, un principe fondamental posé par les donateurs.
- Diversité artistique : elle illustre une large variété de styles inuit sur plus d’une décennie, reflétant différentes communautés artistiques et techniques.
- Valeur pédagogique : elle joue un rôle clé dans l’éducation et la sensibilisation aux arts autochtones, en particulier dans un contexte académique.
Le 30ᵉ anniversaire de la collection d’art inuit Isadore-et-Esther-Fine à l’Université de Moncton n’est pas seulement une célébration d’œuvres d’art : c’est aussi un hommage à un héritage interculturel, un pont entre le Grand Nord et le Nouveau-Brunswick. Cette collection demeure un véritable trésor, à la fois artistique, éducatif et communautaire.